Performance 23.05.2026, 19:00 Performance

Brutus Labiche, Black Edelweiss, 2026

Pour marquer le coup d’envoi de la saison estivale, CALM – Centre d’Art La Meute s’associe à ExoBus afin de proposer une journée de spectacles réunissant de jeunes artistes, des habitants du quartier et un public de tous âges. Situées à quelques centaines de mètres l’une de l’autre, entre La Blécherette et l’éco-quartier des Plaines-du-Loup, nos deux structures partagent le même objectif : offrir un accès direct et inclusif à l’art contemporain, en soutenant les artistes émergents et en valorisant les ressources culturelles locales.

« Black Edelweiss » est une performance qui explore la transition entre deux figures construites, le monstre et le méchant, qui fonctionnent toutes deux comme des mécanismes de déshumanisation. Le monstre reste invisible dans la proximité mais hypervisible dans l’espace, tandis que le méchant est visible, consommé et accepté, mais réduit à un simple rôle. L’œuvre oscille entre ces deux états, révélant leur logique commune de projection et de contrôle. À travers le corps, le mouvement et l’utilisation de la caméra à la fois comme outil et comme environnement, le regard est subtilement inversé, activant une prise de conscience mutuelle où la présence est reconnue plutôt que confrontée.

Le titre Black Edelweiss fait référence aux mémoires de Johann Voss, ici réappropriées pour remettre en question les associations héritées entre la noirceur et l’obscurité, et pour la recadrer comme un lieu de présence, d’action et d’auteur.

Brutus Labiche, née Sandra Habiyambere en 1993 à Butare, est une artiste multidisciplinaire suisse d’origine rwandaise qui travaille à la fois dans les domaines de la peinture, de l’installation et de la performance. Elle a étudié les sciences politiques avant de se lancer dans le mannequinat et la direction artistique. Guidée par des cadres politiques et la culture visuelle, sa pratique s’articule autour d’une réflexion sur la représentation, le pouvoir et l’identité. Son parcours l’a finalement conduite vers les arts visuels, qu’elle considère comme un espace d’expression, d’autonomie, de recherche et de transformation.

Noise of Danger, présentée au Musée d’ethnographie de Genève, a marqué une genèse fondamentale dans son langage artistique. À travers le son, le mouvement et l’esthétique de la mode, cette performance s’est déployée comme un espace rituel où ses univers pouvaient entrer en collision et se reconfigurer. Dès lors, le folklore s’est révélé être une archive vivante, un champ de résonance, de dissidence et de tendresse.

Sa pratique explore l’esthétique afro-suisse à travers la construction d’univers où les symboles suisses et les références culturelles numériques noires coexistent en symbiose. Des matériaux tels que l’argile, le foin, les textiles, les cheveux synthétiques, la cire et le son deviennent des vecteurs de mémoire et d’appartenance. Le folklore fonctionne comme une archive en constante évolution à travers laquelle elle réinvente l’identité et le récit.

Sa récente exposition collective « MINA », réalisée en collaboration avec Ayomide Tejuoso à la galerie 198 Contemporary de Londres, approfondit cette recherche sur la création de mythes féministes noirs, en mettant l’accent sur l’espace rituel, la mémoire incarnée et les récits alternatifs d’appartenance. Elle développe également « Edelweiss Pirates », une série d’ateliers sous forme d’installations qui encourage la création collective et réinvente les symboles nationaux à travers la création partagée, la pluralité et l’imagination.

Brutus Labiche, photo : Théo Dufloo.

Brutus Labiche, photo : Théo Dufloo.

Brutus Labiche, photo : Théo Dufloo.

Brutus Labiche, photo : Théo Dufloo.